11/06/2006

Cette semaine

Gnarls Barkley est le projet de messieurs Brian Burton et Thomas DeCarlo Callaway, alias Danger Mouse et Cee-Lo. Avant même d’avoir sorti le moindre disque, le duo était déjà entré dans la petite histoire pour avoir hissé son single Crazy en tête des charts anglais uniquement via le téléchargement payant.
St. Elsewhere est aussi fou que Crazy. Ce disque, album Caroline Musique de la semaine, évoque la découverte en accéléré d’une cinquantaine d’années de musique soul dans un train fantôme de fête foraine, avec deux clowns psychotiques (ou tout au moins psychédéliques) dans le wagon de tête. Le premier morceau s’appelle Go Go Gadget Gospel, il est effectivement influencé par le gospel, mais lâché sur un dance-hall jamaïcain, puis plongé dans une machine à pop-corn. L’influence du gospel est grande sur St. Elsewhere, disque plein de chant. Mais ce gospel est endiablé, débauché, catapulté dans l’espace à la rencontre des petits hommes verts. Le saint homme de Gnarls Barkley, c’est Cee-Lo, grand chanteur dont la voix d’or pille les mines du roi Solomon Burke. . Dans la musique pop au sens XL (peut-être la seule étiquette valable pour Gnarls Barkley), l’habit fait souvent le moine. Cee-Lo et Danger Mouse s’habillent n’importe comment, et ils jouent n’importe quoi, même une reprise osée et très réussie du classique Gone Daddy Gone, composé en 1982 par les héros hillbilly-punk Violent Femmes. Ça ne nous rajeunit pas, mais ça rajeunit le morceau.

Sur The Boogie Monster, on pense à une novelty song de Louis Armstrong. Ailleurs, Gnarls Barkley se dévoile aussi sexy que Prince il y a vingt ans. Ultramélodique et facétieux, pétulant et coloré, Gnarls Barkley rappelle aussi De La Soul. Et pas de doute, c’est de la soul. 

http://www.gnarlsbarkley.com/

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